Malaise journalistique

11 septembre 2012

Un rapport du coroner vient d’attaquer le travail des médias et l’impact qu’ils auraient eu sur un désespéré qui a tué deux de ses enfants avant de s’enlever la vie. 

Le coroner argumente que le triste événement s’est déroulé pendant une période durant laquelle les détails de l’affaire Turcotte ont été fortement médiatisés, ce qui a pu être un élément déclencheur.  Brian Myles, président de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec, était à RDI ce matin et il accordait une entrevue à Anne-Marie Dussault pour défendre le travail des journalistes.

Question : Monsieur Myles, en tant que représentant d’une association de journalistes, et par surcroît lui-même journaliste judiciaire, est-il bien placé pour évaluer de façon neutre la responsabilité des médias dans ce genre de dossier ? 

Suis-je le seul à avoir un malaise ?

Soulignons qu’il existe une différence notoire entre le travail des journalistes et l’intérêt des groupes médiatiques. On n’a qu’à penser à la médiatisation disproportionnée du lock-out du Journal de Montréal et de la fermeture de la salle de nouvelles de TQS pour s’en convaincre. 

Voici par ailleurs quelques données qui démontrent l’intérêt des médias québécois pour les faits divers et les affaires judiciaires.

En 2011, les faits divers et affaires judiciaires a été le thème le plus médiatisé au Québec.  Le même thème a occupé le 4e rang au Canada et le 6e dans le monde pour la même période.

En moyenne, l’an dernier, nos médias ont accordé 38 % plus d’attention aux faits divers et affaires judiciaires que la presse du reste du Canada, et 53 % de plus que la moyenne internationale.

Les Québécois ont-ils un appétit particulier pour les nouvelles sordides ? Ou seulement nos médias ?

 

Jean-François Dumas

Communiqués de presse

  • Il est rare de voir l’actualité régionale gagner le haut du palmarès hebdomadaire d’Influence Communication. Tel est le cas cette semaine, alors que la finale de la coupe Memorial occupe la première position. Il faut dire qu’aucune nouvelle ne se démarque cette semaine par son fort niveau de médiatisation. En effet, le 2,00 % de la couverture occupé par cette finale est beaucoup plus bas que celui obtenu, par exemple, par la démission de Pierre Karl Péladeau de la tête du PQ (9,62 % du 2 au 8 mai), ou encore par la commande d’avions de la CSeries faite par Delta (3,55 % du 25 avril au 1er mai), pour nommer des événements récents.

  • Les nouvelles politiques et sportives ont dominé l’actualité la semaine dernière au Québec et au Canada, éclipsant l’évolution des feux de forêt dans l’ouest du pays.

    Au Québec, c’est le ministère des Transports qui a fait couler le plus d’encre cette semaine avec le départ de la sous-ministre Savoie, l’enquête de l’UPAC sur des allégations d’irrégularités au sein du ministère et les interventions de l’ex-ministre Robert Poëti dans les médias. Cette crise s’ajoute à la controverse autour d’Uber qui ébranle le MTQ et met en lumière plusieurs dissensions au sein du PLQ.

  • Pour la deuxième semaine, Fort McMurray domine l’actualité au Canada avec un poids médias de 7,76 %. Après l’évacuation des résidents la semaine dernière, c’était au tour des compagnies d’assurance, des médias et des politiques d’aller constater sur place l’ampleur de la catastrophe. Par ailleurs, les feux de forêt se poursuivent dans les provinces de l’Ouest, en Alberta et en Colombie-Britannique, et d’autres évacuations sont à prévoir. Avec l’ampleur de la couverture qu’a connue l’incendie de Fort McMurray, les médias suivent avec une attention redoublée l’évolution de la situation ailleurs au pays.

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